


« C’était fatigant, cette faculté à tout sentir, tout ressentir. À se laisser pénétrer par une intonation de voix, une remarque ironique, un haussement de sourcils. Elle ne parvenait pas à mettre de barrières entre les gens et elle. Un rien l’égratignait ou la rendait heureuse. Un rien l’abattait ou soulevait en elle une vague d’espoir et de chaleur ».
Katherine Pancol.
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.
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Avez-vous déjà entendu parler du terme « synchronicité » ?
Selon le psychiatre Carl Jung, une synchronicité est « l’apparition simultanée d’évènements qui semblent être étroitement liés, mais qui n’ont aucun lien de causalité visible ». On peut aussi parler d’alignement entre nos pensées et la réalité, d’heureux hasards qui ont un sens, de signes qui provoquent une déflagration dans nos corps, un frisson, la chair de poule, un grain de sable dans la chaussure qui dérange …
Mais peut-on vraiment parler des synchronicités ? J’ai l’impression que les vivre est la meilleure façon de comprendre ce mot qui sonne comme « Vérité ».
J’ai plutôt envie de vous expliquer ce terme à travers une histoire que j’ai vécu. J’ai envie de vous restituer la palette de mon monde, tout en étant consciente que nous avons chacun la nôtre. J’ai envie de vous embarquer dans la singularité de mon cœur.
Allez, je me lance…
Mars 2021
Je suis militaire et je vis à la fois une rupture amoureuse des plus douloureuses, une reconversion en tant que praticienne en hypnose et sophrologue, une redécouverte de mon amour pour l’écriture et un déménagement. Un changement de vie radical direction : « Je ne sais pas ce qui m’attend ».
Dans le cadre de ce virage à 180 degrés, je dois malheureusement quitter mon logement militaire du 13e arrondissement de Paris.
Je décide de vivre dans une coloc à 13. Pourquoi ? Comme chacune de mes décisions, celle-ci a fait l’objet d’un long processus de réflexion abouti en arborescence, avec toutes les hypothèses envisagées et déclinées en sous-hypothèses. Au final, je me rappelle avoir totalement paniqué la veille du jour où je devais donner ma réponse.
Mai 2021
Bien que je me sois séparée des 3/4 de mes affaires, je débarque dans ma coloc avec un camion plein à craquer. Une belle métaphore des valises que je trainais, d'une mise à nue tant matérielle que psychologique. Je découvre les personnes avec qui je vais vivre l’aventure, parce que oui, c’est une véritable aventure. Des personnalités différentes et touchantes avec qui je noue des amitiés solides, de celles qui se font une place VIP dans nos cœurs, avec option « trace indélébile ».
La vie dans notre maison y est intense, elle foisonne et gravite autour de moi comme une source inépuisable d’inspiration quotidienne. Je ressens puissance mille chaque émotion de mes colocs, le moindre oscillement d’humeur. Je ne peux m’empêcher d’analyser leurs comportements, leurs mimiques, leurs manies toutes mignonnes et décortiquer leurs fonctionnements dans telle et telle situation. J’adore déceler leurs talents et leur balancer en pleine face. C’est plus fort que moi, j’ai envie d’aider tout le monde, en sachant que ce n’est pas la solution : chacun doit vivre ce qu’il a à vivre, chacun son chemin.
Octobre 2021
Je ne suis plus militaire. Je suis officiellement praticienne en hypnose et sophrologue. Je signe mon contrat pour la parution de mon premier livre et en parallèle, j’ai l’idée d’écrire un roman feel good avec, comme point de départ, ma rupture amoureuse, mais je bloque sur plusieurs aspects.
Je continue à vivre cette aventure incroyable qu'est la coloc et qui m’apprend tant sur moi, me fait grandir, mais je ressens une grande fatigue émotionnelle, une perte d'énergie importante. Le nombre d’habitants fait qu’il y a naturellement toujours quelqu’un dans une mauvaise passe. Je suis constamment impactée.
Décembre 2021
Je lève tous mes blocages quant à mon projet de roman, je m’inscris à deux formations et j'écris mon premier chapitre. Malgré tous les bons moments passés dans la maison, l’idée en moi germe de quitter la coloc, mais je fais face à des sentiments contradictoires : je sais et sens qu’il faut que je parte, mais je n’ai pas envie et je ressens que ce n’est pas encore le moment. Je fais tout de même quelques recherches et active mon réseau.
Février 2022
Une nouvelle rupture amoureuse qui me pousse à aller de l’avant. Je n’ai aucune contrainte familiale, géographique et matérielle. Je peux déménager où je veux. Certains me disent que c’est une chance inouïe, mais moi ça me donne le tournis et je me sens totalement perdue. J’arrive tout de même à clarifier mon souhait : Paris intramuros ou banlieue parisienne. J’ai envie de rester dans cette ville où tout est possible, où tout est accessible et voir ce que va donner la sortie de mon premier livre en juillet.
À côté de tous ces chamboulements, ma masseuse m’initie à une thérapie que je prends plaisir à découvrir : l’olfactothérapie. Il s’agit d’une « méthode psycho-émotionnelle, créée par Gilles Fournil en 1992, qui utilise les odeurs, la vibration de certaines huiles essentielles et le toucher pour aider chacun à trouver et pacifier les nœuds du passé qui encombrent son présent. L'Olfactothérapie assiste aussi efficacement toute personne désireuse de mieux connaître son fonctionnement, les potentiels et les limites de ses croyances ».
Tous les 21 jours, je tire une carte qui associe une émotion, un état ou une thématique particulière à une odeur composée d’huiles essentielles naturelles que je frotte matins et soirs entre mes mains. La peau fine permet une meilleure intégration de l'odeur dans les vaisseaux sanguins et une diffusion en douceur.
Un jour où je suis dans le train retour Montpellier-Paris, mon amie Karen me propose un week-end à Nantes. Pourquoi pas ?
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Les synchronicités de nos vies
Prochain épisode : la question à l’Univers